Les chouchous de Yohan…
Ce ne sont pas seulement les tomates, évidemment.
Mais c’est vrai que les tomates de Yohan sont à la fois très chouchoutées et élevées en plein air, ce qui leur permet d’être robustes, vigoureuses et bien vertes, dodues et résistantes.
La seule touche de Maya serait dans le choix et l’achat des nouvelles variétés, car la plupart de nos tomates viennent de graines récupérées soigneusement par Yohan depuis des années.
On voulait alors organiser quelques pensées autour de ce monde merveilleux des tomates… avant qu’on plonge ensemble dans cette aventure d’été qui passerait entre les salades et les sauces.
Mais d’abord, les origines des tomates :
La tomate, une solanacée (la famille des piments, poivrons, aubergines), vient d’Amérique du Sud, où elle poussait déjà à l’état sauvage il y a des milliers d’années. Là-bas, dans les régions tropicales, elle peut même vivre plusieurs années. Les premières tomates sauvages étaient bien petites, souvent rouges ou orangées, proches de nos tomates cerises actuelles.
Elle a ensuite voyagé jusqu’en Europe grâce aux explorateurs espagnols. Longtemps considérée comme plante décorative, voire toxique, qu’on ne touchait pas, elle est devenue peu à peu l’un des fruits les plus aimés de nos potagers.
Commençons notre voyage avec leurs petites tailles cerises d’origine, en passant par toutes leurs tailles, formes et fantaisies !
Les tomates cerises, les plus proches des origines sauvages, ont des racines qui peuvent être parfois de la même longueur que la plante elle-même. Pour qu’elles expriment leur abondance, on va leur laisser de la place au jardin (sauf certaines variétés).
Et les “vraies” tomates, dans lesquelles on trouve aussi bien des mini tomates cocktail, comme Sunrise Bumblebee ou Indigo Pear Drops, de taille normale comme Marmande et Merveille des Marchés, que des énormes façon beefsteak.
Petite anecdote : le mot “beefsteak” vient de leur chair dense et généreuse, que l’on peut trancher et servir presque comme un steak, avec une pincée de sel, de l’huile, et quelques gouttes de citron.
Il y a les formes de cœur que tout le monde aime, les allongées, les rondes, et mes favorites : les “crazy” multi-siamoises.
Ce qui crée ces différences de taille et de forme est surtout le travail de sélection variétale réalisé au fil des générations. Certaines tomates ont été choisies pour leur chair, d’autres pour leur productivité, leur résistance, leur goût ou leur capacité à pousser dans certains climats.
Les tomates cerises sont les plus proches des formes sauvages d’origine. Les grosses tomates sont apparues progressivement grâce à des sélections humaines favorisant des fruits de plus en plus gros et charnus. Les tomates cocktail sont un peu entre les deux : souvent issues de croisements récents cherchant un équilibre entre taille, goût et productivité.
Les formes “cœur de bœuf” viennent d’anciennes mutations naturelles stabilisées avec le temps, donnant des fruits plus pleins et moins segmentés. Quant aux multi-siamoises, elles apparaissent lorsqu’une fleur fusionne partiellement avec une autre, créant des fruits parfois énormes, biscornus et fascinants.
Au-delà de la taille des fruits, il y a la taille des plantes, la taille des plants, qui varie entre nains, déterminés et non déterminés.
Les tomates naines très compactes, Lil' Peeps et Pendulina Red en sont de bons exemples.
Les tomates déterminées poussent jusqu’à une certaine hauteur puis s’arrêtent naturellement, donnant souvent leurs fruits sur une période plus courte. Fatima et Blanche du Québec fonctionnent souvent ainsi.
Et puis il y a les non déterminées, les grandes voyageuses de l’été, qui continuent de pousser, fleurir et produire tant que le froid ne les arrête pas : Noire de Crimée, Rose de Berne ou Cherokee Purple en font partie.
Cela veut dire qu’il y a au moins deux sortes que l’on peut planter dans un pot ou une jardinière sans les tuteurer.
Les autres, pour leur bon développement racinaire et une récolte abondante, on les plantera plutôt en pleine terre.
D’ailleurs, nous, on ne tuteurise pas nos tomates.
On ne pince pas non plus… et oui, les gourmands aussi, on les laisse.
Si vous voulez en savoir plus, on vous expliquera ça au marché.
Une fois qu’on connaît la taille et le lieu de plantation, on veut aussi connaître le temps de récolte :
Il existe des variétés précoces, qui donnent tôt en été à condition d’être plantées suffisamment tôt, des variétés de mi-saison, et des tardives, qui prennent leur temps mais offrent souvent une récolte longue et généreuse, surtout si l’été est chaud et ensoleillé.
Certaines, comme Amana Orange, De Barao et Dwarf Mr Snow, peuvent encore mûrir lentement après récolte et parfois se conserver suspendues (mais à la maison quand même…) jusqu’au début de l’hiver.
Il y a aussi la production qui sera très abondante, comme Hundreds and Thousands, capable de produire une véritable cascade de petits fruits… enfin, le nom veut tout dire…
D’autres donnent moins, mais chaque tomate devient presque un trésor de saveur : Black Beauty, Cherokee Purple ou Rose de Berne, par exemple.
Et enfin les couleurs, qui rendent nos assiettes si joyeuses…
Entre le blanc et le noir, en passant par les oranges, les rouges, les vertes, les zébrées ou les tachetées.
Les couleurs viennent des différents pigments naturels présents dans les tomates : le lycopène pour les rouges, les carotènes pour les oranges et jaunes, les anthocyanes pour les bleutées ou presque noires, et la chlorophylle pour certaines vertes.
Certaines de ces couleurs existaient déjà dans des formes sauvages ou anciennes, mais beaucoup de motifs zébrés, tachetés ou violets ont été développés plus récemment grâce à des croisements et des sélections patientes.
Souvent, les tomates très claires sont plus douces et délicates, alors que les foncées développent des saveurs plus profondes, riches, parfois fumées ou acidulées. Mais il y a toujours des surprises : la couleur ne raconte jamais toute l’histoire du goût.
Il y a aussi les duvetées : comme Wooly Kate, ou les tomates veloutées type Peach, qui ont une sorte de duvet fin sur les tomates, voire sur les tiges et les feuilles… et en parlant des feuilles, certains vont se retrouver avec un feuillage “pomme de terre”, comme la Belle de Cœur, ou un feuillage panaché, tel que le Shimofuri… ils n’arrêtent pas de nous émerveiller.
Comme déjà dit, la plupart de nos variétés anciennes sont déjà le résultat de longues sélections réalisées par l’homme.
Et cela nous amène à la différence entre variétés anciennes, hybrides stabilisés et F1.
Les variétés anciennes sont des lignées stabilisées, reproduites fidèlement de génération en génération. On peut récupérer leurs graines et retrouver globalement la même tomate l’année suivante.
Les hybrides F1, eux, sont issus du croisement précis de deux parents choisis pour certaines qualités : vigueur, précocité, résistance ou homogénéité. Ce sont les premières générations, donc leurs graines ne redonnent pas forcément la même plante ensuite.
Aucune des deux approches n’est “meilleure” : elles racontent simplement deux façons différentes de travailler avec le vivant, et permettent aussi aux amateurs de savoir de quelles tomates ils pourront récupérer les graines.
Puis même sur une variété bien stable, on peut avoir une hybridation fraîchement apparue. Pour cela, il suffit parfois de regarder la base des tomates et récupérer les graines là où il y a une pointe… puis manger celle où il y a une croix. On pourrait être plus sûrs comme ça de ce qu’on va produire l’année prochaine.
Notre beau voyage se termine avec leur façon de se reproduire : la pollinisation.
Pour permettre le fruit, on a besoin de leur pollinisation. Il faut savoir que la tomate se reproduit grâce à ses fleurs. Le pollen tombe généralement à l’intérieur de la fleur elle-même, souvent aidé par le vent ou la présence des insectes.
Alors on ajoute aussi des fleurs mellifères autour des tomates.
On aime beaucoup les cosmos, les cléomes et les tagètes.
Et justement, en parlant des tagètes et de leurs variétés… les œillets d’Inde et les roses d’Inde, c’est presque la même grande famille.
En français, on appelle souvent “œillet d’Inde” les petites tagètes (Tagetes patula) et “rose d’Inde” les plus grosses (Tagetes erecta). “Tagète” est simplement le nom botanique du genre.
Toutes les tagètes sont comestibles !! Mais certaines, comme les tagètes agrumes ou la Passion, dégagent une odeur de fruits.
Les tagètes dites “nématicides” sont appréciées au potager parce que leurs racines produisent des substances capables d’aider à limiter certains nématodes du sol, de minuscules vers parfois nuisibles pour les cultures. On parle alors d’effet nématicide ou répulsif, même si cela ne remplace évidemment pas un sol vivant et équilibré.
Et puis, entre les tomates et les fleurs, les basilics protégés entre les rangs, les haricots qui grimpent et les courgettes qui courent… le potager devient aussi un peu un tableau vivant de son créateur.
On vous souhaite un bel été et une belle aventure.
